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Le blog de Mariam de Sainte Cécile

Marie

9 Septembre 2012 , Rédigé par Mariam de Sainte Cécile Publié dans #Chants-Ballades-Prières

Texte reçu par Mariam en 1992,


Il est très en actualité avec les énergies du moment.


Ce texte peut être une aide pour celles ou ceux qui le souhaite.


Car lorsqu’on laisse  se dérouler les mots à l’intérieur de soi,

 

comme une énergie qui circule dans notre corps ,

 

on communie ou fusion avec l’ énergie mariale .


Un peu comme si l’on pensait : je suis elle –elle est moi !


Aujourd’hui je  partage  ce texte avec vous *

 

 

Marie

 

Tu es bénie,

Car tu es dans la grâce.

Prés de toi les anges se réjouissent.

De ton sein coule  le lait qui nous nourrit.

Sois remercié par notre cœur,

Qui devient chaque jour plus pur.

Que ta main nous guide .

Que ta lumière nous éclaire.

MERCI

StarGoddess

 

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L’oreiller en balle d’avoine

2 Septembre 2012 , Rédigé par Mariam de Sainte Cécile Publié dans #Les Dits de Dame Séridienne

 

Dans mon enfance ;

 

nous moissonnions avec une moissonneuse lieuse,

c’est à dire que les céréales étaient coupées et bottelées

par une machine sur laquelle était assis un homme muni d’une grande latte, cet homme surveillait, la hauteur de coupe du végétale,la présence de la ficelle  dans la boite et le bon liage de la gerbe,ou le non bourrage  des épis.

 

Cette machine était tirée par un cheval ou un tracteur avec l’aide d’un homme ou de la femme du fermier ou d’un des enfants.  

C’était un progrès sur le fauchage à la main  comme le disait mon grand père  dans toutes ses histoires  que nous écoutions d’une oreille distraite en haussant les épaules sur ses radotages !

 

Dès que notre force le permettait à sept ou dix ans parfois,

nous trainions les bottes depuis les extrémités du champ sur une ligne  ou deux selon la surface du champ vers le centre du champ , pour faire des  plongeons. Ce qui signifiait mettre les bottes en cercle autour de notre père qui avec sa fourche réalisait un chef d œuvre de croisement de bottes et d’épis qu'il  alignait vers le centre  puis couvrant d’une botte  et une seule, d’un coup  magistralement bien placé, il  mettait le chapeau sur le plongeon,  mettant ainsi le grain à l’abri des prédateurs et du mauvais temps.

 

Mon père était le roi du plongeon ! Puis  un autre jour, avec la charrette et le cheval  du voisin nous ramenions les bottes pour construire une meule à la ferme,   fin juillet arrivait la batteuse dans le hameau, chaque ferme selon son tour  réunissait tôt  le matin, les voisins .

 

Les hommes déconstruisaient la meule en jetant les gerbes dans le bon sens sur une sorte de tapis roulant qui menait ces gerbes  trois à quatre mètres  plus haut au sommet de la batteuse ou un voir deux hommes coupaient la ficelle  de la gerbe puis jetaient paille et épis dans la gueule de la batteuse .

 

 Ce monstre  de ferraille, bois, et boulons   menait un bruit d’enfer, il était  alimenté en puissance par un énorme tracteur vert et noir de crasse qui crachait  étincelles, huile et fumée  en pétaradant de toutes ses forces, le monstre était  relié  à lui par une impressionnante courroie de cuir graissée au  suif de cochon.

 

Sur le côté de ce monstre  par des sortes de tétines sortait le grain avec encore un peu de balle, sur l’arrière  sortait la paille mise en forme de botte par une presse  qui donnait l’allure au monstre d’avoir une queue de dragon qui s’allongeait ou raccourcissait selon l’adresse et la vitesse  des hommes à enfourcher la botte  et à la projeter d’un  coup de fourche  puissant vers les hommes qui construisaient le pailler, un peu comme  les  murs  de pierres d’une maison.

 

L’odeur de la paille  moite à force d’être battue  était  fadasse et terreuse de jus de vie végétale sacrifiée, encore pourtant, crissant du soleil de l’été.

Tout autour de cet ensemble volait la balle ,elle retombait sur l’arrière du monstre là où sa concentration était la plus dense en petits tas pointus et piquait à la gorge par son goût acre .

 

Le blé coulait sur trois ou quatre tétines de sortie, comme des robinets distributeurs où les hommes remplissaient adroitement, afin de ne pas perdre un grain, des sacs de toile brune qui avaient été vérifiés et rapiécés l’hiver par les femmes ,des sacs de 50 à 80 kg que les mains  fortes et calleuses  empoignaient et rassemblaient en plis égaux  par le haut du sac, alors l’homme se baissait et hop ! par la force de ses reins avec l’aide de son partenaire  soulevant le fond du sac à sa base,  il hissait puis jetait sur l’épaule du colosse  le sac de grains ,la force et l’adresse des deux hommes devaient être unis dans un même mouvement comme un ballet bien rodé pour qu'aucune blessure physique ne vienne endommager le porteur, commençait alors la marche vers les greniers à grains, généralement situés au dessus des habitations dans les fermes.

 

Ce jour là, qui avait commencé au chant du Coq, des murs de pierres aux charpentes ,solives, poutres et plancher de bois ,tout crissait, gémissait, se gorgeait ,se  remplissait d’odeurs et de bruissements  particuliers et typiques, de mouvements d’air , de sentiments et d’émotions contenues dans des formes de vécu indescriptibles à qui n’étaient pas présent pour en goûter l’intensité de son  temps.

 

Le pas des hommes lourdement chargés dans les escaliers de bois brut menant au grenier,  leur odeur de sueur, la poussière de balle accrochée aux chemises écossaises, aux casquettes de toile crasseuse,  le mouchoir à carreaux noué autour du col   de la chemise, tout contribuait à admirer  ces forçats de la terre.

 

La rondeur  et la maturité des   grains se déchargeant du sac et coulant  comme de l’or sur le plancher en tas plus ou moins gros selon le temps sec ou pluvieux  dégageait en chacun ,vieux, jeunes ou enfants cette impression de bienfait de richesse de joie à la peine du travail.

 

Dans un coin attendait pour plus tard dans l’hiver, le tarare sorte de petit trieur où le grain mis avec une pelle en bois deviendrait très propre ,éliminant les restes de balle, ce blé qu'attendaient : la fermière pour faire le pain et les gâteaux, les volailles pour  grossir, la terre pour une autre semence et même …la famille rat pour proliférer en devenant bien grasse et faire se pourlécher  les babines  à  la confrérie des chats , maîtres incontestés du territoire du grenier.

 

Les hommes en redescendant allégés et heureux  respiraient les odeurs des cuisines : celle du bouillon de poule mijotant dans les chaudrons  et la bonne odeur des pompes aux pommes   sortant du four à pain ,car ce jour là on faisait bombance par les forces de la terre alliées à celle des hommes. 

 

Régulièrement nous, les" chiites" nous allions à la cave, tirer des tonneaux  des bouteilles de vin rouge, un vin de terroir que  nous allions tendre aux travailleurs, un verre à boire, le même pour tous qui circulait chacun son tour.   Chaque homme réitérait le même geste pour son frère de labeur, une fois  le verre bu, il vidait  d’un geste sec le  fond du verre pendant que nous les serveuses d'un jour nous  bouchions avec le pouce le goulot de la bouteille puis en retournant le verre vide  sur le goulot ,nous allions voir le suivant, car gare à la balle traîtresse qui se glisserait dans le vin.

 

Puis vers la fin du battage parfois les femmes venaient, elles emplissaient des sacs de toile  pour les paillasses,  pour les oreillers à refaire ou pour le futur lit d’un enfant à naître ,ces moments donnaient toujours lieu à des plaisanteries entre hommes et femmes que nous enfants avions bien du mal à saisir ,jusqu'à ce qu’une grand mère nous pousse du bras en disant : hé  té c’est la vie qui pousse ou alors le père ou le grand père disait en patois bourbonnais d’un ton bourru : « les chiites passez  vaire  à bére ! »

 

lorsque le pailler terminé en pointe comme le toit de maison était terminé et que le monstre repu terminait ses grognements par un hoquet pénible à fendre l'âme  de tous ses membres rompus et secoués,nous tendions à mon père le bouquet de dahlias ou de reines marguerites cueillis au jardin qu'il hissait à la fine pointe du pailler.

 

Ces jours là, après la tablée du soir réunissant  les vingt ou trente personnes du hameau ou les mandibules travaillaient longtemps pour un ventre bien repu nos yeux et nos oreilles se remplissaient d’images de fraternité,de partages  et d’histoires d’un autre temps.

 

Nous nous endormions aux chants des fin de repas en  découvrant que ces hommes lorsqu’ils poussaient la chansonnette avaient une voix magnifique ,ils devenaient magiques   pour nous ! Nous découvrions un autre monde plein de partages et de joies.

 

Ensuite et bien sont venus  les temps nouveaux avec la moissonneuse batteuse" tout en un" !  Fini le rassemblement des hommes ! Finie la  fête de la batteuse ! Finie la maison qui chante et se remplie !

 

La paille et la balle  broyées  se répandent dans le champ auquel  pour le sacrifice dû au modernisme, l’ancien paysan devenu « exploitant » agricole met le feu . Le grain  élevé aux pesticides est vendu aux coopératives agricoles.

Si tu veux un oreiller en balle d’avoine d épeautre ou de sarrasin ?

 

Il te faut le faire venir des pays arriérés, les pays de l’Est qui moissonnent comme à l’ancien temps et toi le clampin à la mode bio, tu vas acheter ton oreiller en balle d’avoine certifié bio à la boutique ou mille revendeurs ont fait monter le prix de l’objet.

 

Alors oui, c’est le progrès de l’ère industrielle, riche en  pollution de toutes sortes et en pesticides dans les aliments, c’est le 21 siècle notre époque !

Combien il donne à rire ce temps ancien du  19 et  20 eme siècle !

 

Ces anciens qui faisaient vivre la nature au lieu de la tuer !

 

Seulement, on vit avec son temps alors on fait selon son temps, si un bébé est à naître, on va acheter son oreiller en balle d’avoine bio au magasin spécialisé et si on n’a pas d’argent ? Bébé dormira sans oreiller ou sur un oreiller de mousse polyuréthane !

 

L ‘argent est devenu le maître des hommes ! Un maître exigeant qui vous tient par la peau de la barbichette comme dans ces images bibliques où le diable tient le cou de l’homme est le mène avec une corde !

 

Fini le temps des échanges  et du rassemblement des hommes , maintenant c'est le temps de l’argent  roi et du chacun pour soi!

 

Enfin c’est aussi le temps des révolutions ,où l’on détrône les tyrans!

Peut être que le temps de l ‘âge d’or verra la fin du temps de l’argent !

 

Pour ton oreiller en balle d'avoine? Tu fais pousser des céréales et tu réitères les temps anciens ou tu commandes dans les pays  de L’Est, là ou il y a encore des traditions anciennes !

 

J’ai écris cette histoire pour mes petits enfants qui bien sûr me diront , en zappant sur la télé formatatrice des temps futurs ou en pianotant sur l’ordi  comme  des champions de jeux virtuels ou en s’abîmant les yeux et le reste à force de pratiquer la console du « niquetondos »

 

Ton histoire  grand- mère ? elle vaux peau de BALLE !

 

Et oui mes chéris,je le dis sans regret ,ni nostalgie, chacun son époque  dans le temps illusoire, mais ça c’est une autre histoire !

 

Mariam de Sainte Cécile

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